

Sommaire exécutifs
Jul 13, 2026
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Dans un contexte de mondialisation des échanges et de multiplication des transactions transfrontalières, de nombreuses entreprises québécoises attirent aujourd’hui l’intérêt d’acquéreurs étrangers (ou cherchent elles-mêmes à attirer des capitaux internationaux). Ces opérations soulèvent des enjeux qui vont bien au-delà des aspects commerciaux et fiscaux, puisqu’elles sont susceptibles d’être soumises aux exigences de la Loi sur Investissement Canada, et ce, plus souvent qu’on pourrait le croire.
Méconnue de plusieurs, cette loi fédérale encadre l’ensemble des investissements réalisés au Canada par des non-Canadiens. Dans cet article, nous présentons les mécanismes essentiels, les seuils applicables en 2026, ainsi que les récentes modifications susceptibles d’influer sur le calendrier et la structure de vos transactions impliquant un investisseur étranger.
La Loi sur Investissement Canada s’applique à tous les investissements réalisés au Canada par des non-Canadiens, incluant la création de tout nouvel établissement, filiale ou entreprise au Canada par un investisseur étranger.
En pratique, un investisseur non-canadien se trouvera généralement dans l’une des quatre situations suivantes :
Il est important de noter que les incorporations au Canada par des investisseurs étrangers doivent généralement faire l’objet d’une notification, sauf lorsqu’il s’agit de sociétés sans activité (coquilles vides ou « special purpose vehicles »).
Dans ces derniers cas, c’est l’investissement sous-jacent qui devra faire l’objet d’une notification s’il y a prise de contrôle, mais non en cas de simple prise de participation minoritaire.
Le régime de la Loi sur Investissement Canada distingue deux grandes catégories d’examens. La première porte sur l’avantage net pour le Canada, soit l’évaluation des retombées économiques, culturelles et sociales de l’investissement pour le pays, et la seconde concerne la sécurité nationale.
Pour les examens fondés sur l’avantage net (portant sur les acquisitions directes de contrôle), les seuils en vigueur en 2026 sont les suivants :
Pour les transactions (acquisitions de contrôle) qui n’atteignent pas ces seuils et qui n’impliquent pas d’enjeux de sécurité nationale, une notification post-clôture suffit généralement, à condition qu’elle soit transmise avant ou dans les 30 jours suivant la clôture de la transaction. Vos conseillers juridiques pourront vous aider à compléter le formulaire prescrit à cet effet.
L’un des aspects les plus importants, et parfois les moins bien compris, du régime est que les examens fondés sur la sécurité nationale peuvent viser tout investissement réalisé par un non-Canadien, quelle que soit sa valeur.
Dans les dernières années, le nombre d’examens fondés sur la sécurité nationale entrepris par le gouvernement canadien a tourné entre vingt et trente.
Les amendements à la Loi sur Investissement Canada adoptés entre 2024 et 2025 ont par ailleurs introduit une importante nouveauté. Ces modifications imposeront maintenant une notification pré-clôture obligatoire dans certains secteurs sensibles liés à la sécurité nationale.
Les investissements minoritaires seront notamment visés dans certaines circonstances, par exemple lorsque l’investisseur obtient le pouvoir de nommer un membre du conseil d’administration de la société cible.
Cette notification déclenchera automatiquement une période de suspension de 45 jours pendant laquelle le gouvernement pourra procéder à l’examen de la transaction.
En date de cet article, ce régime n’est pas encore en vigueur mais les différents observateurs s’attendent à une mise en application d’ici la fin de l’année 2026.
Ce sont notamment les secteurs visés qui n’ont pas encore tous été identifiés formellement par règlement.
Selon les orientations publiées par le gouvernement, ils comprendront probablement les secteurs suivants :
Sur le plan stratégique, il importe de retenir que si un investisseur fait une divulgation volontaire pour fins d’examen de sécurité nationale, le gouvernement est tenu de se prononcer dans un délai de 45 jours.
En l’absence d’une telle divulgation, le gouvernement conserve un droit de regard pendant cinq ans suivant la clôture de la transaction.
La divulgation volontaire offre donc une prévisibilité considérablement accrue, ce qui peut s’avérer déterminant pour l’établissement et la gestion du calendrier d’une transaction.
Le choix de notifier volontairement est une considération hautement stratégique à discuter avec vos conseillers.
Le paysage réglementaire ne s’apprécie pas en vase clos, et l’actualité politique canadienne de 2026 illustre bien cette réalité.
Au début de l’année, le gouvernement canadien et le gouvernement chinois ont annoncé plusieurs mesures visant à faciliter mutuellement les investissements étrangers dans chacun des deux pays. Des efforts ont également été déployés pour étendre le commerce et les investissements en provenance des Émirats Arabes Unis, du Qatar, de l’Australie et de l’Inde.
Si ces rapprochements n’ont pas formellement modifié le texte de la Loi sur Investissement Canada ni les exigences de notification, ils laissent entrevoir une application potentiellement plus souple des mécanismes d’examen de sécurité nationale dans certains contextes.
La Loi sur Investissement Canada est souvent perçue comme une simple formalité administrative. En réalité, elle peut avoir des conséquences importantes sur le calendrier, la structure et même la viabilité d’une transaction. Une notification tardive, un secteur d’activité sensible ou une structure inadaptée peuvent entraîner des délais significatifs, des conditions imposées par le gouvernement ou une interdiction pure et simple de procéder à l’opération.
Il est donc fortement recommandé de consulter un conseiller juridique dès les premières étapes de toute transaction impliquant un investisseur étranger, afin d’identifier les obligations applicables, d’en tenir compte dans la planification, et d’éviter que des enjeux réglementaires ne viennent compromettre, à la dernière heure, une transaction par ailleurs bien préparée.
Qu’il s’agisse d’une acquisition, d’une vente d’entreprise ou de l’arrivée d’un investisseur étranger au capital de votre entreprise, intégrer les exigences de la Loi sur Investissement Canada dès les premières étapes de la transaction permet de mieux gérer les risques, d’anticiper les délais réglementaires et de sécuriser le déroulement de l’opération. Un accompagnement juridique en amont contribue à structurer la transaction de façon efficace et à éviter les surprises au moment de la clôture.
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La Loi sur Investissement Canada s’applique à l’ensemble des investissements réalisés au Canada par des non-Canadiens. Selon la nature de l’investissement, une exemption, une notification ou un examen gouvernemental peut être requis.
Non. Dans plusieurs situations, une simple notification post-clôture est suffisante. En revanche, certaines acquisitions dépassant les seuils prévus par la loi ou certains investissements présentant des enjeux de sécurité nationale peuvent nécessiter un examen avant la clôture de la transaction.
Oui. Depuis les modifications apportées à la Loi sur Investissement Canada, certains investissements minoritaires pourront également être soumis à une notification pré-clôture, notamment lorsque l’investisseur obtient certains droits d’influence, comme la nomination d’un administrateur.
Une analyse précoce permet d’identifier les obligations applicables, d’intégrer les délais réglementaires au calendrier de la transaction et d’adapter, au besoin, la structure de l’opération afin de réduire les risques de retard ou d’intervention gouvernementale.