

Sommaire exécutifs
Jun 26, 2026
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La vente d’une entreprise est souvent l’événement financier le plus important d’une vie d’un entrepreneur. Pourtant, de nombreux cédants laissent des sommes considérables sur la table faute d’une préparation adéquate.
Dans cet article, nous verrons comment la mise en place d'une structure fiscale appropriée dès les premières années d'une entreprise posent les fondations d’une sortie fiscalement avantageuse.
La vente d’actions génère généralement un gain en capital, dont la moitié seulement est incluse dans le revenu du vendeur.
Cette charge fiscale peut être atténuée lorsque les actions vendues constituent des actions admissibles de petite entreprise. Dans une telle situation, un particulier résidant au Canada peut demander une déduction pour gains en capital.
Pour 2026, la déduction pour gains en capital à vie accordée sur des actions admissibles de petite entreprise s'élève à 1 275 000 $, permettant de réaliser un gain en capital pouvant atteindre ce montant généralement libre d’impôt. Attention toutefois : bien que l'impôt régulier soit éliminé, une telle transaction peut tout de même déclencher l'impôt minimum de remplacement.
Pour que les actions vendues se qualifient à titre d’actions admissibles de petite entreprise, trois critères doivent être satisfaits :
Dans certaines circonstances, il peut être opportun de cristalliser la déduction pour gains en capital même en l'absence d'une vente à un tiers. Cette stratégie consiste à créer une disposition artificielle des actions, par exemple par voie d'échange ou de transfert à une société, afin de déclencher fiscalement un gain en capital pendant que les actions se qualifient encore à titre d'actions admissibles de petite entreprise. Le vendeur utilise ainsi sa déduction pour gains en capital au moment où les conditions sont réunies, tout en augmentant le coût fiscal de ses actions pour une vente future, réduisant d'autant le gain en capital qui pourrait en découler.
Cette approche est particulièrement pertinente lorsqu'il existe un risque que les actions ne se qualifient plus à titre d'actions admissibles de petite entreprise au moment d'une éventuelle vente, par exemple en raison d'une accumulation anticipée d'actifs inadmissibles ou d'une évolution de la structure de la société. Elle n'est toutefois pas indiquée dans toutes les situations et ses avantages doivent être soigneusement pesés avec un conseiller fiscal.
Si la déduction pour gains en capital constitue un avantage fiscal remarquable pour un actionnaire seul, la fiducie familiale permet d'en décupler la portée. En faisant détenir les actions de la société opérante par une fiducie dont les bénéficiaires sont des membres de la famille (conjoint, enfants, voire parents), il devient possible de multiplier l'accès à la déduction pour gains en capital au sein d'une même famille.
En effet, puisque chaque bénéficiaire particulier de la fiducie peut potentiellement réclamer sa propre déduction pour gains en capital lors de la disposition des actions, une même transaction peut générer des économies d'impôt multipliées par le nombre de bénéficiaires admissibles. Concrètement, pour une famille comptant quatre bénéficiaires disposant chacun de leur déduction pour gains en capital totale peuvent réaliser jusqu’à 5 100 000 $ de gains en capital en franchise d'impôt en 2026.
La fiducie familiale peut être intégrée à la structure dès la création de l'entreprise, auquel cas les actions ordinaires sont souscrites directement par la fiducie dès le départ. Elle peut également être mise en place ultérieurement, par la mise en place d'un gel successoral : l'actionnaire principal échange alors ses actions ordinaires contre des actions privilégiées dont la valeur est fixe, tandis que de nouvelles actions ordinaires, destinées à capter la plus-value future, sont émises au profit de la fiducie. Dans un cas comme dans l'autre, l'objectif est le même : permettre à la valeur de s'accumuler dans la fiducie au bénéfice des membres de la famille.
Il importe toutefois de planifier cette réorganisation suffisamment à l'avance afin de permettre à la valeur de s'accroître dans la fiducie et de respecter le délai de détention de 24 mois requis pour la qualification des actions à titre d'actions admissibles de petite entreprise.
Par ailleurs, la fiducie familiale facilite la purification de la société opérante. Lorsque cette dernière accumule des actifs inadmissibles comme des liquidités excédentaires ou placements financiers susceptibles de compromettre les critères d'utilisation des actifs, il est possible de les distribuer sous forme dividendes intersociétés libres d'impôt à une société de portefeuille bénéficiaire de la fiducie. Le bilan de la société opérante s'en trouve épuré sans incidence fiscale, ce qui lui permet de satisfaire aux seuils requis pour la qualification de ses actions à titre d'actions admissibles de petite entreprise.
La présence d'actifs non liés à l'exploitation, un immeuble, des placements financiers ou des liquidités accumulées, au sein de la société opérante est l'une des sources de complications les plus fréquentes lors d'une vente d'entreprise. Elle soulève en effet deux problèmes distincts, mais intimement liés.
Le premier est d'ordre commercial. Un acheteur qui n'a aucun intérêt pour ces actifs n’entendra pas les inclure dans le prix de cession. Il exigera que le prix de la transaction reflète uniquement l'entreprise active, ce qui place souvent le vendeur dans l'obligation de procéder à des distributions ou à des réorganisations coûteuses dans les semaines précédant la clôture, rarement dans des conditions optimales.
Le second est d'ordre fiscal. Comme nous l'avons vu, la qualification des actions à titre d'actions admissibles de petite entreprise repose en partie sur la composition des actifs de la société. La présence d'actifs inadmissibles importants peut faire basculer la société sous les seuils requis et entraîner la perte de la déduction pour gains en capital.
La solution à ces deux problèmes est la même : loger les actifs non transférables dans une entité distincte dès le départ. Qu'il s'agisse d'une société de portefeuille détenant l'immeuble dans lequel l'entreprise opère, ou d'une structure séparée accueillant les surplus de trésorerie, cette organisation permet à la société opérante de présenter un bilan épuré au moment de la vente, facilitant à la fois la négociation et la qualification fiscale. Elle offre par ailleurs une protection non négligeable : les biens détenus dans une entité distincte sont à l'abri des risques inhérents à l'exploitation, notamment en cas de litige ou de difficultés financières.
Ici encore, le moment de la mise en place est déterminant. Une restructuration effectuée tardivement, à l'approche d'une transaction, peut s’avérer fiscalement coûteuse. À l'inverse, une structure établie plusieurs années à l'avance sera bien plus efficace.
Les stratégies décrites dans cet article ont toutes un dénominateur commun : leur efficacité est directement proportionnelle à l'anticipation avec laquelle elles sont mises en œuvre. Une structure fiscale bien pensée dès les premières années de l'entreprise peut représenter, au moment de la vente, des économies d'impôt de plusieurs centaines de milliers de dollars, voire davantage.
Il est donc fortement recommandé de consulter un fiscaliste bien avant d'envisager une transaction, afin d'évaluer l'opportunité de ces mécanismes en fonction de votre situation particulière.
La vente d’une entreprise s’inscrit souvent dans une réflexion plus large en matière de fusions, acquisitions et repreneuriat. Une approche intégrée permet d’anticiper les enjeux juridiques, fiscaux et commerciaux propres à chaque transaction.
Vous souhaitez évaluer la structure fiscale de votre entreprise en vue d’une éventuelle vente? Communiquez avec Mehrez Houacine afin d’obtenir un accompagnement adapté à votre situation et à vos objectifs d’affaires.
Idéalement, la planification fiscale d’une vente d’entreprise devrait commencer plusieurs années avant la transaction. Certaines stratégies, comme la mise en place d’une fiducie familiale, la purification d’une société opérante ou la qualification des actions à titre d’actions admissibles de petite entreprise, nécessitent du temps pour déployer pleinement leurs avantages fiscaux.
La déduction pour gains en capital permet, sous certaines conditions, de réduire ou d’éliminer l’impôt payable lors de la vente d’actions admissibles de petite entreprise. En 2026, elle permet à un particulier admissible de réaliser jusqu’à 1 275 000 $ de gains en capital sans incidence fiscale. Attention toutefois à l'impôt minimum de remplacement.
Une fiducie familiale peut notamment permettre de multiplier l’accès à la déduction pour gains en capital entre différents bénéficiaires admissibles. Elle peut également offrir une plus grande flexibilité dans la planification de la croissance de l’entreprise, de la relève et de la vente éventuelle de celle-ci.
La présence d’actifs non liés aux activités de l’entreprise, comme des liquidités excédentaires, des placements ou certains immeubles, peut compliquer une transaction et compromettre dans certains cas la qualification des actions à titre d’actions admissibles de petite entreprise. Une réorganisation effectuée suffisamment tôt peut permettre d’isoler ces actifs et de faciliter la vente.