

Sommaire exécutifs
Jun 10, 2022
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Le 24 mai 2022, l’Assemblée nationale du Québec a adopté le projet de loi 96, la Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français. Cette réforme renforce considérablement les exigences de la Charte de la langue française (Loi 101) et introduit de nouvelles obligations pour les entreprises exerçant leurs activités au Québec.
Au-delà des changements touchant l’emploi et la francisation en milieu de travail, le projet de loi prévoit d’importantes modifications à la Charte de la langue française du Québec (la « Charte »), mais également à d’autres lois québécoises, dont la Loi sur la protection du consommateur et la Loi sur la publicité légale des entreprises. Ainsi, plusieurs nouvelles obligations devront être respectées par les entreprises faisant affaires au Québec. Nous exposons dans le présent article les principaux impacts du projet de loi sur les relations d’une entreprise avec ses clients et fournisseurs.
La Charte précisait déjà que le français était la langue du commerce et des affaires. Outre les obligations à l’égard de l’emballage et de l’étiquetage des produits, de l’affichage public et de la publicité commerciale, le projet de loi introduit certaines nouvelles obligations relatives à la conduite des affaires qui méritent d’être soulignées.
La Loi 96 impose de nouvelles règles concernant les contrats d’adhésion et les contrats de consommation.
Les adhérents ou consommateurs qui sont parties à un contrat d’adhésion ou de consommation ne seront liés par la version de ce contrat dans une langue autre que le français que si la version française leur a été remise préalablement et si, après cette remise, ils consentent expressément à être liés par la version dans l’autre langue.
Ainsi, tout contrat d’adhésion ou de consommation qui n’est pas rédigé en français sera réputé incompréhensible et donc nul, à moins que le consommateur ou la partie adhérente ait expressément demandé que le contrat soit rédigé dans une autre langue, après que la version française lui ait été remise. La partie lésée pourrait aussi choisir de maintenir le contrat, mais demander une réduction de ses obligations. Le consommateur ou l’adhérent pourra aussi invoquer l’une ou l’autre des versions, selon ses intérêts, en cas de divergence entre la version française et celle dans une autre langue.
L’exigence de la remise de la version française est une nouvelle exigence qui viendra sans doute modifier la pratique voulant que la renonciation des parties à un contrat en français puisse simplement être énoncée dans le contrat à signer. Il est aussi important de souligner qu’il sera interdit d’exiger un paiement pour la rédaction d’une version française d’un contrat ou des documents qui s’y rattachent.
La Loi 96 maintient l’obligation de produire en français plusieurs documents destinés aux clients ou aux partenaires d’affaires, notamment :
Elle ajoute toutefois une nouvelle exigence importante : lorsqu'une version dans une autre langue est fournie, la version française doit être accessible dans des conditions au moins aussi favorables.
Les entreprises doivent donc s'assurer que leurs processus de facturation, leurs plateformes électroniques et leurs communications commerciales respectent cette exigence.
Les entreprises qui fournissent des biens ou des services à l’État québécois sont particulièrement visées par certaines nouvelles obligations.
L’Office québécois de la langue française (l’« Office ») détiendra le pouvoir d’ordonner à quiconque y contrevient de se conformer à la Charte, alors que son pouvoir se limitait à l’envoi de mises en demeure auparavant. L’Office pourra également s'adresser directement aux tribunaux pour demander une injonction afin de forcer la conformité. De plus, les amendes en cas de violation de la Charte augmenteront et se situeront dorénavant entre 3 000 $ et 30 000 $ pour les personnes morales, ces montants étant doublés dans le cas d’une première récidive et triplés pour les récidives subséquentes. Des amendes de 1 400 $ à 14 000 $ sont aussi prévues pour les administrateurs ou les dirigeants de personnes morales qui commettraient des infractions à la Charte.
Les dispositions du projet de loi entreront en vigueur à différents moments, certaines dès sa sanction, qui a eu lieu le 1er juin 2022.
Pour toute question en lien avec l’adoption du projet de loi 96 et ses impacts sur les activités de votre entreprise, n’hésitez pas à communiquer avec nos professionnels en droit commercial et en conformité des entreprises.