

Sommaire exécutifs
Oct 5, 2026
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Depuis le 1er janvier 2024, des dispositions fiscales particulières encadrent les transferts intergénérationnels d’entreprises familiales au Canada. Pour les entrepreneures et entrepreneurs qui envisagent de passer le relais à la prochaine génération, ces règles peuvent avoir une incidence importante sur la façon de structurer la transaction.
Ces mesures visent à faciliter les transferts d’entreprises entre générations tout en prévenant la distribution des surplus d’une société sous forme de gains en capital (qui sont soit exemptés d’impôt, soit soumis à un taux d’imposition préférentiel) plutôt qu’en tant que dividendes imposables.
En termes généraux, l’article 84.1 de la Loi de l’impôt sur le revenu (« L.I.R. ») s’applique lorsqu’un individu ou une fiducie résidant au Canada dispose d’actions d’une société canadienne en faveur d’une autre société avec laquelle le contribuable a un lien de dépendance pour une contrepartie autre qu’en actions (argent ou billet à ordre). Lorsque ces conditions sont remplies, le gain en capital qui aurait autrement été réalisé lors de la disposition des actions est recaractérisé en tant que dividende imposable, empêchant du même coup le vendeur de se prévaloir de la déduction pour gains en capital.
L’application de l’article 84.1 L.I.R. dans son ancienne mouture entraînait un désavantage fiscal important pour les contribuables qui choisissaient de vendre leur entreprise à leurs enfants ou petits-enfants plutôt qu’à un tiers sans lien de dépendance.
Le projet de loi C-208, en vigueur depuis le 29 juin 2021, visait à atténuer cette iniquité en introduisant une exception à l’application de l’article 84.1 L.I.R. lors du transfert intergénérationnel d’entreprise familiale. Cependant, ces mesures pouvaient créer des possibilités de dépouillement de surplus dans un contexte où il n’y avait pas de véritable transfert d’entreprise. Les règles applicables aux dispositions effectuées depuis le 1er janvier 2024 sont venues resserrer cet encadrement afin que l’exception vise les véritables transferts intergénérationnels d’entreprises.
Ainsi, pour les dispositions effectuées depuis cette date, lorsque les conditions énumérées ci-dessous sont remplies, un parent vendeur peut se prévaloir de la déduction pour gains en capital lors de la disposition des actions d’une société (« Société ») en faveur d’une société (« Acheteur ») contrôlée par un ou plusieurs de ses enfants, neveux ou nièces âgés de 18 ans ou plus (« Enfant »).
Les règles prévoient deux façons de structurer un transfert intergénérationnel d’entreprise :
Les critères à respecter pour chacune des approches ne diffèrent que pour les conditions devant être remplies après le transfert.
Les règles prévoient une série de conditions devant être remplies avant, au moment et après le transfert.
En plus de remplir les conditions mentionnées ci-dessus, le parent vendeur et l’Enfant doivent faire un choix conjoint d’appliquer l’exception à l’article 84.1 L.I.R. relativement à la disposition des actions. Ce choix doit être produit au plus tard à la date d’échéance de la production de la déclaration de revenus du parent vendeur pour l’année d’imposition qui comprend le moment de la disposition.
Par ailleurs, en raison des périodes pendant lesquelles certaines conditions doivent continuer d’être respectées, le délai de prescription pour le transfert intergénérationnel d’entreprise immédiat et le transfert intergénérationnel d’entreprise progressif sera prolongé de trois ans et de dix ans, respectivement.
Certaines mesures d’allégement sont prévues lorsque les conditions mentionnées ci-dessus ne sont pas remplies en raison notamment du décès ou de l’invalidité de l’Enfant ou de l’insolvabilité de la Société.
Une planification réussie passe par une structure adaptée à la réalité de l’entreprise, aux objectifs du parent vendeur et à ceux de la relève. Le choix entre un transfert immédiat ou progressif doit notamment être évalué en fonction de ces éléments et des conditions fiscales applicables.
L’équipe fiscale de BCF accompagne régulièrement les entrepreneurs dans leurs projets de vente d’entreprise, de transfert intergénérationnel et de planification successorale afin de mettre en place une structure adaptée à leurs objectifs d’affaires et à ceux de la prochaine génération.
Pour déterminer l’approche la mieux adaptée à votre projet de transfert d’entreprise familiale et discuter des options qui s’offrent à vous, communiquez avec notre équipe en fiscalité du transfert d’entreprises familiales ou contactez directement l’auteur de cet article, Mehrez Houacine, associé et fiscaliste chez BCF.
Pour approfondir les différentes étapes d’une transaction et mieux comprendre les enjeux liés à la vente d’entreprise, consultez notre dossier : Démystifier les transactions de vente d’entreprises : le pas-à-pas pour un entrepreneur.