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Promouvoir le cannabis sur les médias sociaux? Avec prudence

21 novembre 2018

Par Sarah Hébert-Tremblay, avocate

Suivant la légalisation du cannabis au Canada le 17 octobre dernier, de nombreuses entreprises ont amorcé des activités dans le domaine. Il est probable que celles-ci voudront éventuellement mettre à profit les médias sociaux, devenus un outil de promotion quasi incontournable pour conquérir sa part du marché.

Or, il s’avère que les activités liées au cannabis sont hautement réglementées, particulièrement la promotion que l’on peut en faire. En effet, l’article 17 de la Loi sur le cannabis prévoit que l’utilisation de témoignages et de représentations de personnes à des fins de promotion est interdite. Il semble donc qu’il ne sera pas permis, pour les entreprises œuvrant dans le domaine du cannabis, de travailler avec des influenceurs. De plus, de façon très large, sont aussi interdites les publicités qui évoqueraient une émotion ou une image à l’égard d’une façon de vivre intégrant notamment du prestige, des loisirs, de l’enthousiasme, de la vitalité, du risque ou de l’audace, ainsi que toute promotion susceptible d’être attrayante pour les jeunes de quelconque autre façon. Les possibilités de publications sur les réseaux sociaux sont donc limitées.

En outre, toute promotion informative devra se faire de façon à ce que les mineurs n’y aient pas accès. Il est relativement facile de limiter l’accès à un lieu physique aux mineurs en exigeant des pièces d’identité et il existe également des moyens de vérifier l’âge des visiteurs d’un site web, bien que ces techniques ne soient pas sans failles. Par contre, l’accès aux réseaux sociaux s’avère plus difficile à gérer. Le créateur d’un contenu peut rapidement perdre le contrôle sur ce dernier, considérant que ce contenu peut être partagé par tous les utilisateurs y ayant eu accès. Les entreprises de l’industrie du cannabis devront donc redoubler de vigilance en ce qui a trait à la conformité de tout contenu publié sur leurs médias sociaux.

Finalement, la plupart des plateformes de réseaux sociaux précisent, dans leur politique d’utilisation, qu’il ne peut être fait usage de ces plateformes à des fins illégales. De façon plus restrictive encore, Instagram précise que : « Il est également interdit de proposer des services sexuels, d’acheter ou de vendre des armes à feu, ainsi que des drogues illégales ou sur ordonnance (même si cette activité est légale dans votre région). » Ainsi, tout contenu qui irait à l’encontre de ces politiques risquerait d’être supprimé.

Bref, la prudence sera de mise pour les organisations qui désireront tout de même exploiter le potentiel des médias sociaux et chaque publication devra faire l’objet d’une attention particulière avant sa mise en ligne.

L’équipe stratégique Web de BCF, dont fait partie Sarah Hébert-Tremblay, peut vous conseiller sur les nombreux enjeux légaux qui s’appliquent à la présence de votre entreprise sur Internet, notamment sur les réseaux sociaux.

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